Comment s’occuper de ses plantes l’hiver

Je ne suis sûrement pas la seule qui a filé le parfait bonheur avec ses plantes depuis le premier confinement (c’est devenu un de mes passe-temps préférés 🌱), seulement pour arriver en novembre et que tout s’écroule!

Quand arrive le froid, essayer de garder ses plantes parfaitement épanouies, ce n’est pas évident. Parce que disons qu'avec les conditions de l’hiver, c’est une autre paire de manches.

Voici pourquoi les plantes ont plus de misère l’hiver, et quoi faire pour les aider.

 

3 changements qui se passent l’hiver pour les plantes

 

1. Le manque de lumière

Tout d’abord, bien sûr, il y a le manque de lumière. Même à l’intérieur, les plantes peuvent réussir à en avoir assez durant l’été (la durée du jour étant de 15 h 40 le 21 juin). En hiver, de la lumière, il y en a juste beaucoup moins de disponible (cette même durée étant plutôt de 8 h 40 le 21 décembre). Cette réalité a un effet marquant sur plusieurs d’entre nous (comme le manque d’énergie et la déprime saisonnière), alors imaginez pour des plantes qui, en grande majorité, proviennent de milieux tropicaux ou désertiques!

Les plantes sont en effet très sensibles aux signaux qu’elles reçoivent de la lumière. Quand il commence à en avoir moins, elles vont souvent réagir, et de différentes manières. Elles peuvent par exemple tomber en dormance et arrêter leur croissance, voire même perdre soudainement plusieurs feuilles (comme l’alocasia Polly, en photo ci-haut).

 

2. La sécheresse causée par le chauffage

Un autre élément qui les dérange énormément, c’est la sécheresse de nos intérieurs. Beaucoup de plantes ont en effet plus besoin d’humidité que d’eau (par exemple le monstera deliciosa ou encore le begonia maculata). C’est-à-dire qu’on a bien beau les arroser (et souvent les sur-arroser parce qu’on pense que c’est ce dont elles ont besoin), ça ne servira à rien: elles n’arriveront à être heureuses que si elles ne bénéficient d’une humidité ambiante pas mal plus grande que celle de nos appartements et nos maisons.

Le reste de l’année, elles arrivent à atteindre un niveau acceptable d'humidité, nos étés étant souvent humides et collants -ce qui est parfait pour plusieurs plantes tropicales. Mais l’hiver, le chauffage change complètement la donne! Et encore une fois, c’est la même chose pour nous: l’hiver, plusieurs ont la peau sèche et craquée, dorment moins bien, etc. Alors, il n’y a pas de doute: certaines plantes souffrent aussi.

 

3. Les fenêtres froides

C'est une autre condition hivernale qui nuit aux plantes. Si vous êtes comme moi, vous profitez probablement au maximum de vos fenêtres et de leur lumière pour placer vos plantes à proximité. Mais, il faut faire attention. Ça m’est arrivé plusieurs fois que des feuilles qui touchent à une fenêtre en hiver deviennent jaunes ou dépérissent, à ma plus grand tristesse, simplement parce que le contact avec la fenêtre froide a provoqué un choc. Donc l’idéal est de les éloigner un peu.

 

Maintenant, comment faire pour que vos plantes aillent le mieux possible durant l’hiver? Voici quelques trucs.

 

Les arroser moins souvent

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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La plupart des plantes (oui, il y a toujours des exceptions) ne sont pas en croissance active durant l’hiver –c’est-à-dire de novembre à mars, environ. Vous remarquerez donc peut-être qu’elles font moins, ou carrément pas, de nouvelles feuilles.

Si c’est le cas, elles n’ont pas besoin d’autant d’eau que durant le reste de l’année. Je ne le répéterai jamais assez, noyer les plantes, c’est la pire chose qu’on puisse faire! Aucune plante n’aime avoir les racines détrempées en permanence –c’est souvent pour ça qu’elles meurent.

Si vous aviez l’habitude de les arroser chaque semaine par exemple, vous pouvez les surveiller et étirer ça aux deux semaines environ. Si elles manquent vraiment d’eau, elles vont vous le faire comprendre, avec des feuilles tombantes et moins fermes, entre autres. Si elles ne font rien de la sorte, ne les arrosez pas. Elles vous seront reconnaissantes de ne pas les surcharger alors qu’elles sont en mode plus relax.

Les exceptions à cette règle sont : les plus petites plantes, qui en général doivent être arrosées plus souvent que les autres (puisqu’elles ont à la fois un petit pot et un système racinaire peu développé), ainsi que les plantes qui continuent à pousser tout l’hiver. Il existe en effet certaines plantes, comme les pothos et les philodendrons, qui ont toujours une croissance égale, peu importe la saison. En conséquence, celles-ci devraient bénéficier d’un calendrier d’arrosage constant.

 

Ne pas leur donner d’engrais

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Si vous donnez de l’engrais à vos plantes, c’est important de sauter quelques mois durant l'hiver. En effet, continuer de les nourrir ou d’essayer de les booster alors qu’elles sont en dormance (ou en semi-dormance) va leur nuire, car elles ne sont pas en mesure de bien métaboliser les nutriments qu’on leur donne.

Normalement j’arrête l’engrais au début octobre et je recommence vers la fin février. Je me suis déjà fait dire que les plantes demeuraient en dormance jusqu’à la fin mars environ, mais chez nous ce n’est pas ce que j’observe. Mes plantes tendent plutôt à « se réveiller » quelque part en février, et à repartir leur croissance. Je crois qu’elles réagissent à l’augmentation, même légère à ce point, du temps d'ensoleillement des journées. (Il faut dire que j’ai beaucoup de lumi`re chez moi).

Et maintenant les exceptions : une ou deux fois pendant l’hiver, je donne un engrais dilué à quelques plantes, comme mon oiseau du paradis ou mon ficus lyrata. Celles-ci ont besoin d’un petit coup de main, ne serait-ce que parce que leurs nouvelles feuilles sont tellement grosses!

 

Augmenter l’humidité

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Si vous êtes en mesure d’ajouter un (ou même quelques) humidificateur(s) chez vous, vos plantes en seront tellement reconnaissantes! Et vous allez probablement vous sentir mieux aussi, en bonus.

Un autre truc : regrouper les plantes. Conserver plusieurs plantes collées les unes sur les autres les aide à mieux garder leur humidité. Si vous pouvez les regrouper sur un plateau creux rempli de pierres de rivière et d’eau, qui s’évaporera tranquillement, c’est encore mieux.

Vous pouvez de plus vaporiser certaines plantes chaque jour (les succulentes et les cactus n'en ont pas besoin). Ça ne leur procure pas une humidité durable, mais ça leur fait quand même du bien (et ça permet de les dépoussiérer, de reproduire un peu l’effet de la pluie ou de la rosée, etc.)

Et, pensez à placer des plantes dans la salle de bains si c’est possible (c’est-à-dire qu’il y a de place et au moins une fenêtre). C’est l’endroit le plus humide de la maison, alors souvent elles s’y sentent plutôt bien.

 

Relocaliser vos plantes

 

Tout l’été, j’ai entretenu deux magnifiques calathea ornata (des plantes roses!), qui se plaisaient parfaitement dans mon salon, avec une lumière diffuse et indirecte. Puis en octobre, elles ont commencé à dépérir à vitesse grand V. Je ne sais pas si c’est parce qu’elles manquaient soudainement de lumière, qu’elles étaient proches d’un calorifère (mais pas collées dessus!), ou bien pour ces deux raison. J’ai réagi trop tard et j’en ai perdu un (le plus beau). J’ai placé l’autre dans la salle de bain, justement, où il a depuis repris du poil de la bête.

Tout ça pour dire que c’est normal que certaines plantes ne puissent pas demeurer toute l’année au même endroit. Il ne faut pas hésiter à trouver de nouveaux « spots » à certaines plantes en hiver, si on voit qu’elles semblent aller moins bien. Que ce soit pour les rapprocher de la lumière, les éloigner d’une source de chaleur, les enlever du courant d’air froid de la porte d'entrée, etc.

 

Devenir officiellement une « crazy plant person »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Perdre une ou quelques plantes en hiver, c’est presque normal, tant leurs conditions ne sont pas optimales et que certaines, plus sensibles, ont du mal à s’adapter. Depuis deux mois environ, j’ai perdu 4 ou 5 plantes sur mes 75, et je trouve ça terrible! Mais je sais aussi que ça risque de continuer à arriver, à moins que je ne passe carrément encore à un niveau supérieur, en termes d’investissement d’argent et de temps.

En effet, la plupart des fous des plantes que je suis -et qui vivent comme moi dans des latitudes nordiques- utilisent des outils auquel la plupart des mortels ordinaires ne penseraient même pas, par exemple: des lumières de croissance et des armoires vitrées avec éclairage, température et humidité contrôlée.

Les lumières de croissance, que l’on doit placer près des plantes, donc par exemple sous une tablette, ne sont pas follement dispendieuses (on peut en trouver quelques-unes à moins de 100 $). Mais, elles nécessitent quand même l’installation de tout un système, la place pour le faire, la gestion des heures « d’ensoleillement », ainsi que la dépense énergétique supplémentaire.

 

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Les armoires pour les plantes (qui ressemblent plus à un meuble qu’à une serre) sont quant à elles le nec plus ultra, et elles peuvent garantir des conditions toujours optimales aux plantes les plus fragiles ou capricieuses. Mais on parle là d’un véritable investissement qui ne conviendra sûrement pas à tout le monde!

Il existe bien sûr des hacks pour les plus débrouillards. Ikea vend par exemple l’armoire vitrée RETOLF à seulement 70 $. Par contre, pour obtenir l'effet souhaité, il faudra lui ajouter des lumières de croissance, un humidificateur, un thermomètre, un hygromètre, une minuterie programmable, un ventilateur et peut-être même une petite chaufferette. Bref, ça semble super cool comme projet mais, entendons-nous, personne ne ferait ça à moins d’être officiellement obsédé par les plantes! (Rien de mal là-dedans, je le suis moi-même). 

 

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