L’impact de la COVID-19 sur l’immobilier au Québec

Après le marché locatif, voici maintenant un portrait sommaire de la manière dont la crise actuelle de la COVID-19 affecte l’immobilier au Québec.

Les hypothèques

Dans un contexte où tant de gens ont perdu leur emploi, les institutions financières ont rapidement réagi et proposé des sursis de paiements hypothécaires.

Desjardins, la Banque de Montréal, la CIBC, la Banque Nationale, la Banque Royale, la Banque Scotia et la Banque TD ont toutes annoncées des « solutions flexibles » pour leur clientèle.

Les situations des propriétaires seront évaluées au cas par cas et jusqu’à 6 mois de sursis de paiement seront offerts. 

Avant de se retrouver en défaut de paiement, les propriétaires sont invités à communiquer le plus rapidement possible avec leur institution bancaire. (Au téléphone, la majorité des succursales étant actuellement fermées). 

Les taxes foncières

De nombreuses municipalités ont également reporté les prochains versements de taxes foncières pour les propriétaires; si c’est le cas, l’information devrait se trouver facilement sur leur site Web.

Les visites de maison

Les visites libres de maison sont bien sûr interrompues indéfiniment. 

Les visites de maison, selon Francis McKenzie, courtier Re/Max Platine à Candiac, sont également interdites, au minimum jusqu’au 13 avril. « Plusieurs outils technologiques sont disponibles afin de permettre aux courtiers de travailler et de supporter nos clients, » a-t-il expliqué. « Nous disposons de signatures électroniques, d’outils pour prendre des photos à distance et rencontrons nos clients par vidéoconférence ».

Les agents immobiliers se tournent de plus en plus vers les visites virtuelles, qui peuvent présenter une alternative intéressante. Ça ne coûte rien de s’informer.

Les ventes de maison

Depuis plusieurs années, la région de Montréal connaissait un gros boum immobilier; ce n’est finalement pas un facteur attendu, comme les taux hypothécaires, qui y aura mis fin, mais plutôt un virus!

Le conseil d’usage est : s’il est possible de reporter la vente ou l’achat d’une maison, c’est préférable de le faire. Mais certaines personnes vivent tout de même des situations plus urgentes que d’autres et n’ont pas le choix… On peut penser par exemple à des personnes qui avaient déjà vendu juste avant la crise et n’ont pas encore trouvé où se loger, des séparations, des successions, mais aussi des transferts/changements d’emploi liés à la pandémie.

Francis McKenzie, s’attend à une baisse d’environ 30 % des statistiques immobilières par rapport à celles de l’an dernier, mais il croit qu’il est encore trop tôt pour le dire puisqu’après la crise, différentes mesures de relance de l’économie ainsi que le report du projet de vente ou d’achat de bien des gens pourrait provoquer une certaine effervescence dans le marché. 

Dans le secteur des projets immobiliers (condos ou nouveaux développements), les bureaux des ventes sont fermés et les activités à tout de fin pratiques réduites à zéro.

Les transactions notariées

De manière exceptionnelle, la ministre de la Justice a autorisé les notaires à conclure des transactions à distance, incluant des ventes et achats de propriétés et ce, graduellement à partir de maintenant. Ces transactions respecteront toutes les exigences habituelles et leur authenticité sera garantie. 

Les personnes impliquées devraient communiquer avec leur notaire le plus rapidement possible, puisque la participation de ces derniers au programme est sur une base volontaire. Les notaires sont considérés comme un service essentiel et ne sont pas tenus de fermer leur pratique, mais ne sont pas non plus obligés de continuer à opérer.

Il est aussi possible de visiter le site Web de la Chambre des Notaires du Québec pour en savoir un peu plus sur les étapes et les modalités d’application des transactions à distance.

Les constructions de maison neuves

Avec l’arrêt complet du secteur de la construction pendant plusieurs semaines, il est clair que des retards importants sont à prévoir pour la plupart des maisons neuves qui devaient être livrées cet été au Québec. 

Ceci pourrait entraîner tout un casse-tête, pour les gens qui devaient prendre possession de leur maison dans les prochains mois et devront tout de même quitter leur logement actuel, sans pour autant avoir accès à leur nouvelle propriété. 

Le mieux demeure de ne pas attendre à la dernière minute pour parler avec toutes les parties impliquées et essayer de trouver un terrain d’entente.

Un exemple sur le terrain

Mon père a présentement une propriété à vendre à Ville St-Laurent. Au tout début de la crise, il a reçu la visite d’une famille qui était très intéressée et pour qui la maison convenait parfaitement. La vente semblait pratiquement « dans la poche ». Toutefois (et ça se comprend), comme tout s’est précité en quelques jours, ils ont signifié qu’ils ne feraient pas pour l’instant d’offre, étant donné l’incertitude de la situation. 

Depuis, tout est au point mort, alors que la maison, mise sur le marché à la fin-février, avait d’abord suscité pas mal d’intérêt. Mon père, qui se voyait au départ déménager avant l’été, croit maintenant que ça prendra « peut-être un an » avant de vendre.

Ce qui viendra après

Je trouve cette réflexion de Francis McKenzie intéressante : il croit que la crise va amener différentes modifications d’habitudes chez beaucoup de gens, qui pourraient impacter le marché immobilier à moyen terme. Entre autres, suite à cette crise, plusieurs personnes pourraient vouloir disposer d’un bureau pour travailler de la maison, ou encore s’éloigner des centres urbains… C’est à suivre.